Priorité

Information sur le Myriophylle à Épi

Responsabilité : Pierre Chatelain

HISTORIQUE

  1. Les travaux consistent à vérifier auprès de divers organismes les avancements et les outils disponibles pour contrôler la croissance de cette plante envahissante.
  2. Des actions de prévention sont à prévoir auprès des membres/riverains.
  3. Cette priorité s’étalera sur plusieurs années.

Details

La deuxième des priorités de notre association de protection du lac Murray est le myriophylle à épi. Il s’agit d’une plante aquatique envahissante submergée originaire de l’Europe, de l’Asie et du nord de l’Afrique. Introduit en Amérique du nord au dix-neuvième siècle, il est aujourd’hui l’une des plantes aquatiques envahissantes les plus répandues sur le continent. Il a peut-être été introduit comme plante d’aquarium ou dans les eaux des ballasts de navire. En janvier 2020, il avait envahi 185 lacs du Québec dont 49 en Outaouais.

IL PROLIFÈRE RAPIDEMENT. COMMENT?

Le myriophylle à épi est une plante vivace à croissance rapide qui préfère les eaux peu profondes (1 à 3 m) mais qui peut prendre racine jusqu’à une profondeur de 10 mètres et dont les feuilles ont l’apparence de plumes avec plus de douze segments. Il se propage de façon spéciale et facilement parce qu’un segment de 1 centimètre de cette plante peut produire une nouvelle plante si les courants, les hélices de moteur, les remorques ou le matériel de pêche transportent des fragments ailleurs. À l’automne, des rameaux de feuilles se détachent et vont coloniser d’autres secteurs du lac.

 

IL diminue la quantité de poisson!

Le myriophylle à épi forme d’épais tapis qui plongent dans l’ombre les autres plantes aquatiques indigènes, rivalise avec elles pour la lumière et les nutriments, bloque les rayons du soleil et diminue ainsi leur production d’oxygène dans le lac. Cette diminution d’oxygène dissous dans le lac nuit aux poissons en particulier le touladi.

 

IL ENVAHIT ET EMPÊCHE LA REPRODUCTION DES POISSONS

Quand arrive l’hiver, le myriophylle à épi meurt mais il continue de nuire parce qu’il se dépose sur le fond où il se décompose en utilisant l’oxygène dissous dans l’eau. Ce processus libère du phosphore et change les propriétés physiques et chimiques et le Ph de l’eau. Bien plus, il forme un tapis sur le fond des frayères ce qui empêche les œufs de trouver des aspérités dont ils ont besoin pour échapper à leurs prédateurs.

PLUS DE MOUSTIQUES

Les tapis de myriophylle peuvent nuire aux activités récréatives comme la baignade, la navigation de plaisance et la pêche. Des peuplements denses peuvent créer de l’eau stagnante qui est l’habitat idéal des moustiques.

 

APPRENDRE DES AUTRES

Quand on m’a confié le dossier du myriophylle à épi, on nous informait que des subventions étaient disponibles (7 millions sur 5 ans). Très encouragé, j’ai multiplié les appels téléphoniques aux différents ministères de l’environnement et de la faune. J’ai aussi participé à des rencontres du regroupement régional pour la protection de l’eau. Je me suis vite rendu compte que le myriophylle est une plaie qui intéresse beaucoup de monde mais que les moyens pour le combattre n’étaient pas facilement accessibles.

 

CONSTAT

Mon constat se résume ainsi : Essayer d’éradiquer cette plante invasive semble impossible selon plusieurs expériences tentées dans différents lacs. Diminuer cette invasion, c’est possible en partie mais trop couteux pour nous au lac Murray. Éviter la propagation du myriophylle à épi semble la meilleure option pour le moment. Pour ce qui est d’obtenir des subventions théoriquement disponibles, les prérequis imposés par les ministères sont aussi impossibles à atteindre à court terme pour nous, parce que trop couteux et exigeant des ressources pas très disponibles localement.

 

BREF

En bref, nos priorités au niveau du myriophylle à épi seront d’informer les riverains et les vacanciers, de cartographier les bancs de myriophylle dans le lac Murray et surtout d’installer des bouées jaunes pour limiter la circulation des bateaux dans les bancs de myriophylle, et encourager le lavage des embarcations. S’éloigner de la rive doucement et naviguer dans le milieu du lac en eau profonde sont aussi à recommander.

Bien sûr la collaboration de tous c’est le secret pour essayer de protéger le lac Murray de cette menace.

Dans un prochain envoi, je me propose de vous parler des différents moyens employés pour tenter d’éradiquer le myriophylle à Épi un peu partout au Québec et dans le monde. 

Pierre Chatelain, directeur de l’association de Protection du lac Murray