Priorité

Information sur le Myriophylle à Épi

Responsabilité : Pierre Chatelain

HISTORIQUE

  1. Les travaux consistent à vérifier auprès de divers organismes les avancements et les outils disponibles pour contrôler la croissance de cette plante envahissante.
  2. Des actions de prévention sont à prévoir auprès des membres/riverains.
  3. Cette priorité s’étalera sur plusieurs années.

Details

Bonjour à vous tous,

Dans mon dernier courriel à propos du myriophylle à Épi, j’ai pu en surprendre quelques-uns à propos du lac Murray en affirmant que l’éradication de cette menace à notre lac était impossible. Je suis toujours de cet avis mais je veux vous parler des différents efforts faits un peu partout même en Outaouais pour tenter d’éradiquer cette plante invasive. Je vous résume mes lectures en ces temps de corona Virus :

Voici un résumé des différentes méthodes utilisées pour combattre le myriophylle, leurs résultats et leurs coûts.

1-Faucardage (Fauchage) ou arrachage manuel avec faux ou râteaux : Effet temporaire sur de petites surfaces, danger de disperser des fragments et finalement retour des colonies à l’état initial après quelques semaines.

2-Faucardage mécanique : Même effets temporaires et risques de dispersion de fragments avec en plus risques de brassage des sédiments. Coût : par exemple lac Notre Dame et Usher au Québec : 8400$

3- Arrachage manuel par des plongeurs : besoin de sacs pour recueillir les plans +radeaux flottants pour recevoir les sacs. Méthode efficace pour éliminer les plans de myriophylle mais il faut poursuivre sur plusieurs années pour être efficace à long terme. Coût élevé à prévoir sur plusieurs années.

Au lac Mégantic, les plongeurs ont arraché jusqu’à une tonne de myriophylle à épi.

 

4– Arrachage manuel avec plongeurs avec aspiration : En plus des plongeurs, il faut une embarcation équipé d’un système d’aspiration et d’opérateurs plus une équipe de surveillance pour recueillir les fragments, Les plongeurs arrachent les plans qui sont aspirés et rejetés dans un drain filtrant.

La méthode est aussi efficace que le #3 mais plus rapide. Mêmes risques et enjeux que pour l’arrachage manuel mais occasionne un peu plus de brassage des sédiments Visibilité réduite pour les plongeurs et le myriophylle peut se réinstaller dans les zones traitées.

Je n’insiste pas ici sur les coûts impliqués. Exemple : le lac Feriee au Vermont USA : 17000$ 

5- Bâchage avec toiles de jute : Il faut d’abord coudre les sections de jute pour en augmenter la superficie.

Il semble que les toiles se manipule relativement bien avec des rouleaux de 15 mètres de long par 8 mètres de large.

Après avoir préparé la toile, il faut la rouler et l’immerger dans le lac. 

 . Il faut l’installer avec plusieurs bateaux et plongeurs s’affairant en collaboration. Opération mobilisant beaucoup de bénévoles et demandant suivis après coup :  cf. prochaine page

Pour exécuter toutes ces opérations, il faut au préalable avoir bien cartographier les bancs de myriophylle dans le lac et décider année après année où l’installation aura lieu. Voici un exemple étalé sur 5 années avec un succès différent pour les différents emplacements. Beaucoup de planification, de persévérance et de collaboration…

Les toiles de jute résistent quelques années mais après trois ans elles sont complètement dégradées. Les toiles sont efficaces pour contrôler le myriophylle mais pas pour l’éradiquer. Il faut demeurer vigilant et entretenir les toiles.

Certains lacs ont utilisé une barge spécialisée pour étendre les toiles, une méthode industrielle : cf. prochaine page

Il faut souvent récupéré les pesée ayant servies à maintenir en place les dites toiles de jute.

En somme, les toiles sont très efficaces localement en autant que les massifs de myriophylles soient recouverts dans leur totalité. Mais cela demeurent coûteux et leur efficacité à long terme reste à démontrer.

 

ÇA COÛTE CHER

Un exemple des coûts impliqué sur la prochaine page, celui du lac Pémichangan dans l’Outaouais. 52300$ pour l’installation mais de 90000$ pour l’opération totale.

On peut mentionner aussi le lac Blue Sea ou le lac Lovering avec un coût de l’opération de 42300$ pour chaque endroit.

L.opération avec la machine sur la page suivante est sans doute plus facile mais je n’en connait pas les coûts parce que je ne les ai pas remarqués nulle part.

Dans l’État de New-York, on rapporte qu’au  lac Greenwood, il en a coûté 9000$ par riverain pour une élimination du myriophylle à Épi de 95%. Et il n’est pas dit qu’il ne faudrait pas recommencer si les humains continuaient à disperser les fragments de myriophylle en circulant avec leurs bâteaux.

Au Québec, les coûts impliqués sont principalement assumés par les municipalités en connection avec les associations de riverains préoccupés de la santé de leur lac. Pas très souvent par les gouvernements.

 

LES AUTORISATIONS DIFFICILES À OBTENIR

 Pour pouvoir intervenir sur un lac, il faut de plus en plus d’autorisations et les conditions pour obtenir ces autorisations sont très exigeantes et demandent beaucoup de temps et de patience,

Les conditions tracées par les ministères deviennent difficiles à respecter : On ne peut plus utiliser de sacs de sable comme pesée parce que ça fait des dépôts dans les lacs. Il n’est plus permis d’engager des plongeurs professionnels pour travailler à l’arrachage ou à l’installation des toiles. Le ministère semble vouloir sensibiliser les gens plus que de les laisser intervenir dans les lacs.

 

6– Bâchage avec toile synthétique, (bâche en fibre de verre enduite de PVC) :

Cette méthode nécessite moins d’ancrage et peut même être ancrée avec des tiges de métal. Il faut retirer la bâche et les ancrages après 8 à 10 semaines mais elle peut être réutilisée.

Inconvénients : elle élimine toute la végétation sous la bâche et son retrait exige des efforts en double et brasse les sédiments. Dès que la bâche est retirée le myriophylle à épi peut se réinstaller.

Coût estimé pour un cas hypothétique au Québec : Équipements (98900$) et opération (66000$)

 

7Aération par apport d’oxygène : trois exemples :

   1- le lac Hotte dans la Petite Nation 17000$ pour 5 éoliennes

   2- le lac Ludger nord de Ste Agathe 65000$ pour location de 3   éoliennes pour 5 ans.

   3- le lac St Pierre Val des Monts près de Wakefield 62000$ pour 10 aérateurs en plus de l’interdiction de circuler en bateau à moteur et vitesse limitée ailleurs sur le lac.

Méthode jugée peu efficace et très coûteuse par rapport aux résultats très mitigés.

 

7-La lutte biologique :

 En 2013 à Grand Sudbury en Ontario : 174000$ pour 150000 charançons sur 3 ans. Quand le myriophylle meurt, les charançons aussi.  C’est à recommencer mais efficace à court terme, mais pas à long terme. Et aussi très couteux.

Il y a plusieurs autres méthodes dont je vous fais grâce. Par exemple les interventions chimiques complètement à proscrire pour l’environnement.

 

Mais ce qu’il faut retenir c’est qu’à ce jour, il n’y a pas de méthode miracle pour enrayer les plantes nuisibles envahissantes, cela n’existe pas. L’éradication est impossible, le contrôle difficile et coûteux.

Autrement dit, nous ne pouvons présumer qu’il n’y aura pas une solution un jour ou l’autre. Nous ne sommes pas des spécialistes : donc il faut se garder une petite réserve

L’information, la sensibilisation des usagers de même que le contrôle de la circulation des embarcations semblent être à privilégier vis-à-vis les tentatives d’éradication probablement trop coûteuses par rapport aux bénéfices pour les écho-systèmes. Le myriophylle à Épi se propage par les activités humaines, pas autrement. Respecter les bouées jaunes qui seront installées, c’est la façon de se comporter de manière rationnelle pour limiter l’envahissement de notre lac.

Nous invitons les membres de l’association de protection du lac Murray à en parler à leur parenté et à leurs visiteurs au lac Murray, cette information pourrait être multipliée d’autant et les bénéfices pour notre lac aussi.

 

Pour terminer, il semble qu’il existe quelques lacs ou le myriophylle à épi semble avoir disparu sans que l’on puisse l’expliquer en aucune façon. Mais c’est rare.

 

Pierre Chatelain, directeur de l’association de protection du lac Murray.